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Corporation des ébénistes en Europe


L'ébène est un bois précieux très lourd (densité de 1,00 à 1,10) le plus souvent très noir ou veiné à grain très fin, à fil droit, coupe nette, très sec sous l'outil et au fendage franc. Finement pailleté d'incrustation de cristaux d'acide oxalique qui lui donnent son aspect scintillant si particulier à la lumière. Il a un poli parfait, luisant, très lisse, mat ou brillant, il se commercialise débardé en bûches purgée d'aubier de taille suffisante pour être portées par un homme (30-70 kg) pour son transport il était lié à d'autre espèces moins denses pour assurer sa flottabilité.

De source Hortipédia : plusieurs espèces d'arbres de la famille des Ébénacées et appartenant au genre Diospyros portent le nom d'ébène ou sont aussi appelés ébénier. Seuls les diospyros à bois noir peuvent prendre l'appellation d'ébène. Les plaqueminiers (Diospyros kaki), par exemple, bien que très proches botaniquement, ne sont pas des ébéniers. Le mot ébène est dérivé du grec ebenos qui désignait déjà cet arbre. Elles se rencontrent dans les régions tropicales de l'ancien Monde et sont connues depuis la plus haute Antiquité pour la couleur noire de leur bois. Déjà à l'époque pré-pharaonique, ce bois entrait dans la composition de petits objets précieux de toutes sortes.

L'ébène, dit " l'or noir " est considérée comme un bois des plus précieux. Cette essence est employée dans les Arts Sacrés. En Europe, dès le XIIème siècle, elle sert à la fabrication de menus objets : coffrets, manches de couteaux, jeux de Dame, d'échecs, damier etc. Les Tabletiers employaient le " benus " au milieu du XIIIème et les Couteliers l' " ibenus " au milieu du XIVème siècle. On l'écrivait aussi " ébaine ".

Pour l'Europe, il donne son nom à l'ébéniste qui lui fait place sur les plus beaux ouvrages. Il est travaillé aussi en sculpture, lutherie, marqueterie et dans des jeux sous forme de bois massif, en feuillets ou en placage. Il est également utilisé pour la conception d'instruments de musique tels la clarinette, le hautbois, la touche des instruments à cordes et certaines baguettes de tambour...

On trouve la trace du collège des " eborarii-citrarii " pendant les massacres romains du IIIème siècle, rien n'est plus naturel que de supposer qu'il y a eu à Rome, à l'époque impériale, de nombreux ouvrier " curarii " qui travaillent le bois de cèdre ou " citrarii " pour les meubles en bois de " thuya articutata " fort estimé sous l'Empire (dans un sens plus étendu les ébénistes), comme il s'y trouvait de nombreux " eborarii " ouvriers travaillant l'ivoire. Est-ce bien un regroupement d'artisans qui travaillent aussi l'ébène ?

Pour les dictionnaires, ébène : (é-bè n') nom féminin, bois précieux et très dur de l'ébénier. Elle est formée par le duramen, l'aubier est sans usage. Aussi adjectif exprimant une couleur d'un noir éclatant (des yeux d'ébène). Lamartine écrit dans les Méditations poétiques " Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène ". Le genre de ce mot a varié ; on le trouve au masculin dans Voltaire " Je vis Martin Fréron, à la mordre attaché, Consumer de ses dents tout l'ébène ébréché ", Dial. de Pég. et du vieillard. "Mais, dit Ménage, il est féminin, comme le font tous les ébénistes ". Le féminin a prévalu, dans les ateliers on en parle depuis des siècles au masculin pensant bois d'ébène, comme suit.


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Diospyros ebenus


C'est à Bruxelles que l'on retrouve une des plus anciennes trace écrite de cette corporation :

Extrait du statut des ébénistes et des tonneliers du 2 juillet 1365 :
1. D'abord celui qui veut devenir maître dans le métier d'ébéniste et de tonnelier, doit être bourgeois de Bruxelles et avoir fait son serment de fidélité à la ville.
2. Item, celui qui faisant partie du susdit métier, travaillerait en hiver comme en été a la bougie, serait condamne a payer trois livres de monnaie courante, chaque fois qu'il le fera (...)
Les tonneliers peuvent fabriquer le soir, a la bougie, des clous, des chevëes, des vis (.. .jusqu'a ce que la dernière cloche du soir ait sonner, mais pas plus tard.
Cité dans Favresse, F. Les premiers statuts connus des métiers bruxellois du duc et de la ville, dans Bulletin de la Commission Royale d'Histoire, t CXI, n°1-2, 1946.

Au Xème siècle, les Ducs de Basse-Lotharingie, ayant construit un château-fort sur une île de la Senne, sont à l'origine de la naissance de Bruxelles. Vers le XIème, près de ce château s'installe un marché en plein air sur un marais asséché (le quartier de la Grand-Place était à l'époque un vaste marécage entouré de bancs de sable) : on l'appelait le "Nedermerkt", "le Marché Inférieur". La Grand-Place (Grote Markt), place centrale de Bruxelles mondialement renommée est bordée par les maisons des corporations, l'Hôtel de Ville et la Maison du Roi (Broodhuis), l'une des plus belles places du monde selon Victor Hugo. En 1444 les puissantes corporations des ébénistes et des tonneliers y rachètent le n°4 propriété de la famille Serghuys dite " le Sac " : l'enseigne qui figure au-dessus de la porte nous montre deux hommes, le premier tient un grand sac tandis que le second y plonge les mains.

Construite en pierre en 1644 la Maison de la Corporation des Ébénistes, dont les outils décorent la façade, est en partie épargnée du bombardement des 13, 14 et 15 août 1695 par les troupes française de Louis XIV (annexion progressive des possessions espagnoles du nord). C'est à partir du troisième étage que débute la reconstruction par l'architecte Antoine Pastorana en 1697. Un gâble typiquement bruxellois très orné par les sculptures de Pierre van Dievoet et Laurent Merkaert : des torchères et des vases aux angles, au sommet un globe est placé un compas et sur le plein cintre des fenêtres, de lourdes guirlandes de fleurs et de fruits et une coquille, la frise du troisième étage est composée de cartouches dont trois rehaussées de têtes d'anges. Cette maison fut restaurée en 1912 par l'architecte Jean Seghers et les cariatides actuelles sont l'œuvre du sculpteur Edouard Marchant (1852).

Dans le dictionnaire liégeois, en 1866, on trouve les termes ébèner ou ébènir (donner au bois la couleur de l'ébène), ébèniss (ébéniste) et ébènnrèie (métier, ouvrage ou commerce d'ébénisterie).

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Maison de la Corporation des Ebenistes Le Sac


Les tonneliers.

Le tonneau est connu : servant à stocker des produits liquides, mais également solides comme les grains, les salaisons, les clous... Inconnue de l'Antiquité, cette invention gauloise remplace avantageusement l'amphore de terre cuite, fragile et incommode au transport. Les plus grosses bouteilles de verre, native du XIVème siècle, appelées dames-jeannes, touries, bonbonnes ou demijohn's, n'excèderont pas les 100 litres.

Dès le IXème siècle, on connaît la corporation des tonneliers et bariliers " tonloiers " ou " barilliers ". Pour la France, jusqu'au milieu du Moyen-Âge, la profession de tonnelier s'exerçait librement et les rois avaient leurs propres tonneliers, chargés d'entretenir les barils et les muids. Ils faisaient aussi fonction d'échanson (fonction historiquement avérée du règne de Charlemagne à celui de Saint Louis). Ensuite, des fraternités professionnelles apparaissent qui vont donner naissance aux premières corporations. Ainsi, en 1168, le roi de France reçoit les statuts des " tonneliers-doleurs " qui s'organisent en communauté. L'aménagement d'une profession sous la forme d'un compagnonnage permet une transmission efficace du savoir et constitue une assurance de qualité puisque seuls les ouvriers acceptés par leurs pairs, après avoir suivi un long apprentissage, peuvent exercer le métier.

Au XIIIème siècle, ils remirent leurs statuts pour approbation en même temps que 121 autres corps de métiers. En 1444, Charles VII de France confirme les statuts des tonneliers ou " barilliers " (les tonneliers charpentiers ou foudriers ont pour leur part été rattachés à la corporation des charpentiers dès le Xème siècle). Il donne par la même occasion aux " tonneliers-barilliers " le privilège de déchargeurs de vin : ils sont les seuls à avoir le droit de débarquer le vin qui arrive par bateau. En 1376 les tonneliers se séparent des charpentiers.


L'alliance corporative des ébénistes et des tonneliers.

Les ébénistes apportent une attention toute particulière à la fabrication des merrains, la fente est la seule manière d'amenuiser ou de débiter les bois précieux comme l'ébène avant qu'ils ne trouvent les aciers capables de le scier en feuillet.

Ils travaillent à la fabrication de petites boites ou coffrets, d'objets usuels domestiques, des luxueux planchers réservés aux estrades ou marchepieds placés sous les sièges d'honneur voir même sous les lits d'apparat. Ces parquetages en points de Hongrie, en damier, à bâtons rompus... viendront finir d'orner les meubles. Les assemblages sont des plus simples, bien que connus des égyptiens ils sont réinventés, le savoir faire s'est perdu sous le coup des grandes invasions venues entre autres d'Asie centrale, l'assemblage à plat joint chevillé et l'assemblage en adent ou à rainure et à languette seront les premiers. Ils pratiquent le collage de lamelle de bois assemblée pour des effets harmonieux.

Ils ont avec les tonneliers de nombreux points en commun : un travail en atelier de haute précision nécessitant des manipulations de charges importantes, ils travaillent un bois de premier choix extrait de billes de longueur et de poids équivalent. La volonté de dominer, maîtriser et soumettre la matière, " se permettre de réparer l'oeuvre " sans compter qu'ils se déplacent aussi sur les lieux d'ouvrage.


L'ébéniste en France.

La migration de Flandres et des Pays-Bas est en route, l'Europe découvre le nouvel art, les plaqueurs d'ébène vont enrichir leurs travaux de pierres dures, puis précieuses, polies ou taillées... exultant dans leur ouvrage de haute précision.

Les ébénistes et marqueteurs ne formeront pas de corporation distincte de celles des menuisiers en France où les ouvriers qui travaillent le bois sont groupés, depuis le XIème siècle, en deux corporations, celle des charpentiers, pour le gros-œuvre et celle des menuisiers, Qui amenuisent les bois pour la conception d'objets plus menus (meubles, huisserie, parquet, etc.).

Beaucoup d'artisans resteront " ouvriers libres " ou seront définis comme artiste, ils sont pour la plupart étrangers et pas toujours de confession catholique, les corporatistes ne leurs ouvrent pas les portes. Les frontières de la langue et les us rendent difficiles les regroupements en communautés. Ils protégerons leurs concitoyens, tapissiers, canneurs... dans leurs ateliers tout comme les corps de métiers dont ils doivent s'entourer : serrurier, marqueteur, fondeur, monteur en bronzes, sculpteur sur bois, doreur, vernisseur. Apparaissent dés le XVIème les fameux " menuisier en ébeyne ". Cette condition leurs autorise l'utilisation des colles (interdite par les corporations autrement qu'en support pour les peintures).

Ils exerceront sous les protections de confrérie, dans les clos et même seront entretenus par les plus grands. Comme André Boulle dont le père Jean, menuisier en ébène, est originaire de la Gueldre allemande, Lorent Stabre et Jean Macé célèbres artistes entretenus par Louis XIV au Louvre, Philipe Caffieri et Domenico Cucci sont entretenus aux Gobelins. En 1603 une confrérie flamande est fondée dans l'église Saint Hippolyte, faubourg Saint-Marcel, élargie en 1627 aux artisans étrangers des métiers de luxe " Société Catholique des illustres nations Flamande, Allemande, Suisse, Italienne, Espagnole et autres ". Logé au Louvre : Alexandre-Jean Oppenordt le temps de la réalisation du bureau destiné aux pierres gravées 1684/85 et on pourra lire aussi sur les registres du roi : " intendant des inscriptions " comme pour Pierre Boullard etc. Le roi Soleil a des idées sur tout, il " veut " une architecture, une littérature, une musique, un confort ... et ne lésine pas sur les moyens. Les plus grands artistes de ce temps, qu'ils soient français ou étrangers sont invités à Versailles. Des moyens financiers colossaux sont à la disposition des artistes. Il allait de soi que le mobilier et les arts décoratifs en général suivent l'exemple.

De leur côté, les artisans sculpteurs, fondeurs ou ciseleurs ne peuvent comprendre ces passe-droits aux artistes privilégiés du Louvre ou des Gobelins, qui autorisent à faire travailler des bronziers à leur service, au lieu de faire appel aux artisans extérieurs capables de compléter le décor des meubles. D'où un bon nombre de conflits éclatent entre corporatifs et compagnons en " cayenne " face aux ébénistes malgré les interventions royales qui limitent la liberté du travail. Les villes qui ont leurs propres charges de droit au travail, restent indépendantes mais les rixes entre ouvriers y sont fréquentes.

Des mésalliances se forment, certain ébénistes s'allieront aux charbonniers-mulassiers, dont l'image déplait à l'église de par les croisements ânes et chevaux et leur visage noirci par les fumées, ils en conserveront une partie de la coutume vestimentaire : tout de noir vêtus, mais porteront chemise blanche. D'autres seront accusés de vol auprès des Jurandes et de trafic de bois de port. Ils sont tous anoblis par Louis XIV comme les tapissiers dont le roi a tant besoin pour son château de Versailles, les obligeants à louer chapeaux et épées pour se présenter devant Sa Majesté.

En Italie, les Ebénistes, spécialistes dans la fabrication de meubles marquetés en ébène ou en d'autres essences précieuses, opéraient, à coté des Menuisiers et constituaient une véritable élite. Tout au long la période baroque, l'ébéniste était considéré comme l'héritier de l'ancien art de la marqueterie. Cet art consistait à assembler des bois différents pour former des figurations, à l'instar des mosaïques et de la peinture, si bien que Vasari l'appelle "mosaïque en bois". Certain sont " Ebanisti et Mastri di carrozza " sous l'égide des maîtres carrossiers.

Dès le XVIème siècle, les ébénistes réussissent à débiter en plaques très minces le fameux ébène qu'ils pourront coller sur des meubles de bois vils et les orner richement.


La filière bois en France.

En décembre 1290 le prévôt de Paris, Jean de Montigny, instaure par des statuts en six articles une communauté de travailleurs du bois distincte de celle des charpentiers : les huchiers.

Le huchier fabrique non seulement les huches, qui sont des coffres de rangement, mais aussi les autres meubles : tables, bancs..., et en général tous travaux en bois pour l'aménagement intérieur et extérieur de l'habitation. Il s'adonne également à la sculpture pour la décoration de ces ouvrages. Il est donc à la fois menuisier et sculpteur sur bois.

Par ordonnance de 1371, Hugues d'Aubriot, également prévôt de Paris, délivre des statuts confirmés par l'arrêt du 4 septembre 1382, où l'appellation de Huchier-Menuisier apparaît. C'est cette ordonnance qui impose, pour l'accès à la maîtrise, l'épreuve du chef-d'oeuvre à tout candidat à l'état de maître.

On y trouve aussi l'énumération des ouvrages entrant dans le cadre de l'activité de la corporation tant en menuiserie de bâtiment qu'en pièces de mobilier proprement dites. Le "Livre des Métiers" d'Émile Boileau, prévôt de Paris sous Saint-Louis, qui en a fait le code des usages et règlements corporatifs de la plupart des métiers parisiens d'alors.

Au XIVème siècle la corporation des charpentiers se divise en deux classes, la grande cognée occupée aux ouvrages de charpente et autres gros travaux et la petite cognée pour les ouvrages plus menus et qualifiés de Huchiers dans l'ordonnance des métiers de Paris.

Au début du XVème les statuts modifient l'organisation de la communauté, un examen subit en présence des Jurés et le Chef-d'oeuvre deviennent nécessaire pour s'établir comme maître

Le 24 juin 1467 Louis XI délivre aux huchiers des lettres patentes dans lesquelles il est stipulé que chaque maître doit apposer sur ses ouvrages une marque distinctive, sorte de signature. C'est dans une ordonnance du prévôt de Paris, Jacques d'Estouville, que, dans le dernier quart du quinzième siècle, apparaît pour la première fois, utilisée sans autre épithète, l'appellation de "menuisier" donnée à ceux qui se consacraient à la fabrication des meubles et à l'aménagement intérieur de l'habitation.

Les statuts de 1645 exigeaient du maître qu'il fût " originaire françois "; ceux de 1743 veulent en outre " qu'il fasse profession de la Religion Catholique, Apostolique et Romaine ".

Au mois d'Août 1645, Louis XIV octroie aux maîtres Huchers-Menuisiers de nouveaux statuts, on y note l'emploi du bois d'ébène et que la veuve a le droit de continuer le commerce de son mari, à charge par elle de " prendre un bon serviteur ou compagnon expert au fait du mestier ". Les compagnons, avant d'être admis à la maîtrise, devaient " faire connoitre leur expérience aux Jurez, et faire de leurs mains propres, en la maison de l'un d'eux, le Chef-d'oeuvre qu'ils luy prescriront, tant en assemblage que de taille de mode antique, moderne ou françoise, garny d'assemblage, liaison et moulures ".


Menuisiers en ébène et ébénistes.

Le développement du transport maritime et du commerce extérieur permet l'acheminement de bois exotiques en grande quantité. Grâce à ces bois, à la richesse de leurs coloris et à la finesse de leur texture, des effets décoratifs nouveaux résultant de l'agencement d'éléments simples est possibles, diminuant quelque peu l'importance que connaissait jusqu'alors la sculpture dans la décoration des meubles.

Le terme de " menuisier en ébène " est mentionné pour la première fois en 1608 dans les statuts corporatifs parisiens. Les ébénistes et marqueteurs n'ayant jamais formé de corporation distincte de celles des menuisiers dont les maîtres disent de tous temps avoir faits les ouvrages connus et distingués aujourd'hui sous le nom d'ébénisterie, marqueterie et placages...

Le mot " ébénisterie " apparaît dans le dictionnaire de l'Académie Française en 1732. En 1743 un statut corporatif définit la spécialité d'ébéniste comme une des branches de la profession de menuisier se consacrant aux travaux de placage et de marqueterie, la distinguant de la profession de menuisier d'assemblage mettant en oeuvre le bois massif. Pour ce Paris corporatif du XVIIème siècle le mot Ebéniste est moderne, nous confesse Alfred Franklin, bien que l'art de travailler de l'ébène soit fort ancien.

Antiquites du Poulbenn    Antiquites du Poulbenn

Jeton de la Communauté des Menuisiers Ebénistes (à l'exergue de 1748) placée sous le haut patronage de Sainte Anne. Sur l'avers : Sic fingit tabernaculum Deo (ainsi elle crée un tabernacle à Dieu). Description : Anne instruisant Marie. Signé D.V.

Dans son acception la plus large, le terme " ébénisterie " est employé pour désigner la fabrication de meubles en bois massif ou plaqué ; les meubles massifs d'acajou pour les plus nombreux et de bois exotiques ou précieux dit " bois de ports " et les meubles plaqués ou marquetés. Il ne faut pas confondre le secrétaire, à usage fonctionnel, avec le cabinet, avant tout un meuble d'apparat qui répandit l'usage du placage en France.

Il fallut donc dans l'urgence incorporer les artisans ébénistes de plus en plus nombreux en les rattachant juridiquement à la corporation des menuisiers : les " menuisiers-ébénistes " ainsi réunis sous le patronage de sainte Anne. Les statuts de 1743, précisent que le titre de menuisier-ébéniste revient aux artisans qui font des ouvrages de marqueterie et de placage, " sans cependant faire un corps de communauté séparé ".

Les menuisiers de Paris sont organisés autour de dynasties importantes, les Avisse, Cresson, Foliot (Nicolas-Quinibert Foliot, reçu maître en 1729), Tilliard, majoritairement installés dans le quartier de Bonne-Nouvelle. Les ébénistes font une plus large part aux émigrés d'Allemagne, des Flandres et des Pays-Bas, les Baumhauer, les Criaerd, les Van Risenburgh, principalement sur le Faubourg Saint-Antoine.

En 1744, les statuts de la corporation des menuisiers, confirmés par Louis XV, ne comportent pas moins de 105 articles. Ils officialisent la communauté des "Maîtres menuisiers ébénistes" et rappellent l'obligation pour ceux-ci de marquer leurs ouvrages. A ce même sujet, l'article 36 de l'ordonnance de 1751 précise que chaque maître ébéniste est tenu d'avoir une marque particulière " l'estampille ".

En 1776 cette organisation absorbe la corporation des " tourneurs-layetiers ". Les " peintres-sculpteurs " et les " menuisiers-ébénistes " contrôlent la fabrication d'ameublement de bois. Des ébénistes fabriquent des sièges et les signent (aucun règlement n'affirmant une quelconque séparation) : J.L. Cosson, P. Garnier et J.H. Riesener ont exécutés des sièges en bois d'acajou ou " bois des îles ", seul la silhouette un peu épaisse trahis le travail de l'ébéniste, Rijksmuseum d'Amsterdam fait des fauteuils foncés de canne et Etienne Meunier les plaque de bois de rose puis les orne de bronze. L. Boudin, J.B. Fromageau et P. Migeon les estampilleront en tant que marchand

En 1789, lors des États Généraux cette corporation parisienne comptait déjà officiellement 1142 membres. Ils s'étaient regroupés naturellement dans le faubourg Saint-Antoine à deux pas de la Bastille...

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L'estampille et la Jurande

Les premières estampilles des ébénistes ont fait leur apparition en 1730, mais ce n'est qu'en 1743 qu'elle fut rendue obligatoire par la corporation des maîtres menuisiers-ébénistes, marque de fabrique portant le nom d'un maître ébéniste, ou ses initiales et point secret, elle est frappée au fer à sec dans le bois (ne pas les confondre avec les marques au feu des inventaires).

La confirmation royale de Louis XV se fait par un édit du Parlement de 1751 faisant obligation à chaque maître ébéniste de posséder une marque particulière, appelée " estampille ". Elle donne lieu à la perception d'une taxe et oblige chaque artisan à ne livrer aucune pièce sans y apposer son nom, sous peine d'une amende (20 livres) et confiscation de l'objet.

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Marques particulières de la Jurande : les initiales J M E qui sont celles de Jurés Menuisiers Ebénistes. Les jurandes sont des groupements des membres de la corporation choisis pour en défendre les intérêts, veillant scrupuleusement elles ont maintenu une discipline salutaire dans l'exercice des métiers.


La proscription des corporations.

Le 12 mars 1776, suppression des corporations par ordonnance de Louis XVI sous l'instigation de son ministre Turgot, puis rétablissement des dites à Paris par édit du 24 août de la même année, l'état n'est pas assez puissant pour lutter contre ces organisations.

En 1789, lors des États Généraux, les ébénistes comptaient déjà officiellement 1142 membres. Considéré comme privilège et entrave à la liberté individuelle, le principe des maîtrises se voit condamné lors de la nuit du 4 août 1789, condamnation rendue effective par le décret d'application de la loi du 27 juin 1791 votée par l'Assemblée Constituante, abolition partiel pour l'Alsace-Lorraine dont " la corporation " est un établissement public issue du droit local, une institution propre aux entreprises artisanales du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.

Jusqu'à 1791, les statuts corporatifs qui définissaient des règles étroites garantes de la qualité d'exécution et à l'observation desquelles les jurandes, c'est-à-dire le groupement des membres de la corporation choisis pour en défendre les intérêts, veillaient scrupuleusement, avaient maintenu une discipline salutaire dans l'exercice des métiers.

Les puissances corporatives sont une entrave pour l'état, mais la loi Le Chapelier eu des effets pervers, promulguée le 17 juin 1791, cette loi proscrit les coalitions notamment les corporations, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage. Cette loi suit de très près le décret d'Allarde des 2 et 17 mars 1791, tant dans ses objectifs que par leur proximité historique. Elle interdit de fait les grèves et la constitution des syndicats, mais aussi certaines formes d'entreprises non lucratives comme les mutuelles, sans abroger à la présence des syndicats patronaux pour le cours du siècle suivant.

La suppression des corporations, en permettant à quiconque de s'installer fabricant ou marchand, aurait pu avoir une influence néfaste quant à la qualité des produits. Cependant, jusqu'à la fin de la période révolutionnaire, en vertu sans doute des principes qui avaient été inculqués, on ne constate pas de baisse sensible de qualité en ébénisterie.

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Tract publié par la Chambre syndicale des ouvriers ébénistes du département de la Seine en 1912. Dessin de Paul Poncet (Archives nationales : F7 13636)


Différence entre menuiserie et ébénisterie.

Elle paraît bien minime aux yeux du néophyte dans l'art des ouvriers du bois, les concepteurs de mobilier meublant avaient des ateliers au visuel bien différant. Les ébénistes usent des colles animales qui s'appliquent à chaud d'où la présence des sorbonnes (appareils de chauffage incluant un ou des bains-marie et ses surfaces libres d'accès pour les plaques de zinc des châssis), le châssis à plaquer, les manches des outils et les établis sont noircis par les résidus de colle et la présence de nombreux produits d'ébénisterie, teintes, gommes laques, esprits divers...et ceux permettant la réalisation des popotes et des liqueurs.

Sur la conception de l'ouvrage, les menuisiers comprennent le meuble comme une charpente, vivant avec les variations d'hydrométrie et de température, le bois travaille et on construit dans ce sens, l'œuvre doit être réparable et conserver les caractéristiques de l'ouvrage (traction et efforts qu'il doit subir). Pour l'ébéniste, le bois est contrarié pour ne plus jouer sous les placages et recevoir les vernis au tampon, finition suprême. L'ébéniste restaure, laissant le maximum d'ancienneté à l'objet ou au meuble.

Les sièges des menuisiers sont dessinés dans l'espace comme les escaliers, les écorchés en sont magnifiques, ceux des ébénistes sont sur plan plus statique et leurs traverses très souvent plaquées sur bois de hêtre.

Le lourd passé corporatif a entraîné les menuisiers à réveiller leur compagnonnage alors que pour les ébénistes le goût est citadin et l'évolution technologique plus lente. Quelques ébénistes célèbres parmi tant d'autres tout aussi talentueux, qui par leur génie et leur créativité nous ont laissés un patrimoine inestimable, ont utilisé des techniques qui permettent encore de nos jours aux ébénistes restaurateurs de continuer à faire vivre leur œuvres. Une des règles déontologiques liées à la restauration et à la conservation du mobilier est de ne rien faire qui soit irréversible.

Les queues d'arondes, l'usage des vis ... sont des détails moins marquants. L'outillage de tous corps de menuisiers se retrouve chez l'ébéniste : râpes, wastringues, évidoirs, ...


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Publicité de l'ébéniste Bélanger


L'ébénisterie nouvelle succède à l'ébénisterie contemporaine.

La Sécession, débute en Allemagne en 1892, refuse le conformisme et a le désir de créer un art de synthèse. Ce courant de l'Art nouveau est à l'investigation de ce qu'on ne devait jamais faire, " le modernisme " les architectes vont aussi concevoir le meuble. Cette révolution fait aussi fortement évoluer la qualité des colles et servira les deux métiers tout comme les nouveaux matériaux dérivés du bois, la place de l'agenceur prend une dimension importante, cuisine, bureau bibliothèque et même dans la chambre à coucher, " le mobilier sur mesure ". Ils ne font plus qu'un, mais toujours prêt à se diversifier et se séparer de nouveaux, voire les ébénistes-restaurateurs

On parle du nouveau meuble, d'ébéniste d'art, de l'ébénisterie sur matériaux composites, bicomposés ou synthétiques, du meuble jetable de la production de masse automatisée, et dans un sursaut artistique, de thématique actuelle en menuiserie-ébénisterie.



Sur les chemins de l'ébène.

Les écrits des différents peuples nous autorise peu à retrouver l'usage de l'ébène parmi les ethnies et civilisations qui l'ont travaillé, ils sont transmis par les vainqueurs ou les colonisateurs et pas toujours objectifs. Ces sociétés sont souvent dites protohistoriques dans les récits de pilleurs peu scrupuleux. Des archéologues aussi ayant découvert des écritures cursives autour des cités de Kouch et de Pount, les ont classées par métachronismes comme écriture hiératique voir démotique ou enchoriale. L'histoire nubienne ne devait pas ombragée l'Égypte. Les Grecques sur-gravaient des amulettes plus anciennes de l'anagramme " Abraxas ", mot grec d'origine hébraïque " abraxas ou abrasax " signifiant : qui n'appartient à aucune langue (connue de nous). Sans compter tout ces éléments datés, en dépit de couches stratigraphiques parfois très perturbées, de la fin de l'époque hellénistique au début de la période islamique ou les palimpsestes : manuscrits sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du moyen âge ont effacé en partie, puis recouvert d'une seconde écriture…

L'apparition de l'écriture semblerait naître en Mésopotamie à la fin du IVème millénaire av. JC.

Noir comme la nuit, froid comme la lune ce lourd matériau a une valeur sympathique et magique, il est souvent utilisé dans les contextes liturgiques et funéraires et entre dans la composition de toutes sortes de petits objets précieux, votifs ou magiques. Lié à l'ivoire il rappelle le plumage de l'ibis sacré, à l'époque de l'Afrique pharaonique il vient du cœur du continent grâce au commerçants nubiens avec un autre bois précieux, le bois de santal. Les égyptiens trouvent leur ébène sur les grands marchés de Kouch et de Pount, c'est l'ébénier Dalbergia melanoxium d'Afrique tropicale. De Pount, les Égyptiens reçoivent aussi l'oliban, le térébinthe, l'ivoire, l'or, des animaux...

Le nom de ce bois est connu en toutes les langues. L'utilisation la mieux connue remonte à l'antiquité Egyptienne où des tablettes étaient placés dans les tombeaux égyptiens (le mot " bois d'ébène " dérive du " hbny " égyptien antique). Les Grecs distinguaient l'ébène d'Ethiopie (Nubie, Afrique profonde) au bois noir luisant et sans nœud, et l'ébène de l'Inde à taches blanches et rougeâtres, le bâton magique de Nectanebo est en ébène d'Ethiopie (empire kouchite) comme la baguette que l'on prête au héros Memnon " ebenièmme rabdon " (xylon to ebenninou). Au même titre que l'ivoire, les hébreux s'en servent de moyen de payement sous le nom d' " hobnium ", en arabe classique l'ébène s'appelle " abanus ou abnus ". Par les portes de l'Arabie, les phéniciens faisaient une grande importation d'ivoire et d'ébène. Son nom chaldéen est " pavones ". Pour les japonais et les chinois l'usage est aussi ancien, ces derniers le nomment wu mu littéralement " couleur de corbeau ".

En Chine, les bois employés étaient le bois de santal rouge, le poirier, le palissandre, l'ébène, et le nanmu. Parmi ces différentes essences, le santal rouge est la plus précieuse c'est la plus solide : sa texture est dense, très dur et résiste bien à l'usure du temps.

L'ébène a valeur monétaire, il n'a pas été seulement re-gravé, mais aussi re-sculpté pour revenir à l'état de valeur de neuf. Ce qui nous reste des ces œuvres de l'antiquité est bien maigre, le temps en est aussi la cause. En philologie on trouve le terme " Hebeninus " défini comme dent de cheval marin ou animal semblable, dent d'ébène, on l'aurait associé à l'ivoire de la défense d'éléphant.

Dans les plus anciennes tombes égyptiennes datant du IVème millénaire, on retrouve des objets d'ivoire et d'ébène provenant des tombes des premiers rois de Nubie, bien plus grandioses que celles des premiers pharaons. Les Nubiens échangent leur or contre le blé d'Egypte, ils commercent de nombreux produits provenant des cultures bantoues de l'Afrique centrale et australe : l'ivoire, l'ébène, les plumes d'autruches, ainsi que les peaux de panthères et de léopards. Ils enseignent leur religion, seul le dieu Lion et le dieu Bélier ne seront pas conservés aux panthéons égyptiens. Les Pygmées divulguent leur médecine et participent aux rites religieux. Le rôle civilisateur de l'Afrique pharaonique est bien là. La figure la plus emblématique de l'épopée nubienne est sans nul doute le Pharaon Piânkhy, fondateur au VIIIème siècle avant JC de la XXVème dynastie, ainsi que la Candace Amani Shakhéto qui, après le suicide de Cléopâtre VII, arrêta les légions romaines de l'empereur Auguste. Longtemps les Egyptiens se contenteront de faire du troc, avec leurs voisins, les expéditions sont pacifiques afin d'échanger l'ébène, l'ivoire ou l'or contre leurs produits... particulièrement l'encens, puis les nombreuses campagnes de Ramsès II mettrons fin à ces relations.


Parmi les œuvres retrouvées.

Tablette de Aha-Mena Ménès est un pharaon considéré comme le fondateur de la 1re dynastie thinite. On situe son règne vers -3150

Chambre d'Hetepherès, épouse de Snéfrou et mère de Khéops : une petite table en bois d'ébène destinée à recevoir de petits coffrets d'albâtre ou d'obsidienne contenant les onguents et les fards. Parfois une harpe à tête de grue complétait la décoration. On trouvait là aussi de nombreux coffres en ébène incrusté d'ivoire épousant la forme d'un cartouche royal.

Homme debout : Statue en ébène sculptée sous le règne du roi Nefer Ka Re VIème dynastie entre - 2364 et - 2181. (Egypte)

Tête en ébène d'un serviteur de Neferkarê (musée du Caire).

Aménophis III et de la reine Tyi Statuettes royales sculptées dans l'ébène.

Mobilier funéraire de Toutânkhamon parmi tous les lits retrouvés, celui-ci est le plus raffiné et le mieux élaboré avec son cadre d'ébène, sculpté recouvert de feuilles d'or. Le dossier est divisé en trois sections qui sont toutes ornées d'une figure du dieu Bès entouré de deux lions. Les pieds du lit ressemblent aux pattes du lion. Une boite rectangulaire en forme de tombeau, à couvercle convexe semblable au plafond du tombeau. Une inscription en encre permet d'identifier l'appartenance à sa majesté le roi Toutânkhamon, alors qu'il était enfant; elle servait probablement à contenir ses jouets. Chaise en bois avec des pieds en ébène et ce, afin de ressembler à ceux d'un animal. Le siège était treillagé et recouvert d'une couche de papyrus qui aujourd'hui, n'existe plus. Un coffre en bois rouge est incrusté d'ivoire et d'ébène. Son couvercle voûté est orné de motifs géométriques et de lignes verticales comprenant des hiéroglyphes. Coffre en bois est incrusté d'ébène et d'ivoire. Il se compose d'un deuxième couvercle interne pourvu de poignées en ivoire. L'intérieur est divisé en six compartiments. Chacune de ces deux boîtes du roi Toutânkhamon sont soigneusement recouvertes d'une fine couche d'ébène et d'ivoire. Les intérieurs sont divisés en deux compartiments et dotés d'un deuxième couvercle à charnières. Ces boîtes ont été saccagées lorsque la tombe fut vandalisée dans l'antiquité.

Disparue la statue de Zeus à Olympie 12 m de haut et 2 m de piédestal composé d'or, d'ivoire et d'ébène. Détruite pendant l'incendie du temple en 462. Le temple donne privilège et protection aux sculpteurs durant les cinq siècles suivant, à quelles fins ?

Les poupées romaines, en os, bois, en ébène sont nombreuses au 2ème siècle,

Boîtes de coran, en bois, incrustées d'ivoire, de nacre et d'ébène et ornées de dessins de plantes et géométriques.

Bouddha de Birmanie, un monument d'ébène de la spécificité de style birman, dynastie de Pagan (1044-1287).

Le bâton de Genghis Khan en ébène chinois (olokum), cerclée d'un nombre d'anneaux d'argent représentant les tribus fidèles au Khan (de Kin signifiant argent en mongol et Or en chinois). Un objet mythique, symbole de ralliement des tribus mongoles autour de son chef. Une sorte de cube sans coin, symbole taoïste sur lequel sont gravés les mots San-Yeun (Genghis Khan) et Sien-Fong (le plus haut), surmontait l'objet. Lorsque Genghis Khan mourut vers 1227 son corps fut enfermé dans 5 cercueils et enterré au pied de la montagne sacrée. Le lieu reste inconnu, tous les témoins de l'enterrement furent exécutés pour ne jamais révéler le lieu secret.

Bouddha d'ébène de la grotte d'or Shawe Umin en Chine. Sanctuaire fondé au XIIème siècle par le roi de Bagan Alaung Sithu (140 autres statues de Bouddha déposées au cours des siècles l'accompagnent).

Colliers bantou, composé de perles d'ébène, une perle de métal et de "Kofis".

Trône en ébène et ivoire entre 1540 et 1560 En relation avec : Murat IV Période de : Kanuni Süleyman (Soliman le Magnifique) Lieu : Palais de Topkapi Région en relation : Istanbul (Turquie)


Parmi les termes employés:

Démotique : (dé-mo-ti-k'), adj. Terme d'antiquité. Populaire. Écriture démotique. Chez les anciens Égyptiens, écriture démotique ou enchoriale, écriture qui, abrégée de l'écriture hiératique ou cursive, fut appropriée à la langue vulgaire des derniers temps.

Métachronisme : (mé-ta-kro-ni-sm'), n. m. Erreur de date qui consiste à placer un événement dans un temps antérieur à celui où il est arrivé.

Nabatéen : ENNE (na-ba-té-in, è-n'), adj. Nom donné par les Arabes à la langue et à la littérature assyriennes.

Palimpseste : (pa-lin-psè-st'), n. m. Manuscrit sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du moyen âge ont en parties effacés, puis recouvert d'une seconde écriture.





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